La péninsule de La Guajira : Chaud devant // L’ascension du Cocuy: A couper le souffle

La péninsule de La Guajira: Chaud devant !

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Chaud devant ! ©AlexisBOISSELET

Notre esprit est encore tout emerveillé par la multitude de poissons, de coraux et d’anémones que nous venons de voir lors de notre baptême de plongée et déjà nous retrouvons Guiberta et Granita dans le village de Taganga.

Guiberta est une amie aveyronnaise rencontrée deux ans plus tôt en Colombie et Granita est sa meilleure amie venue la rejoindre pour voyager.

On (re)fait connaissance autour de quelques bières et une discussion utopique sur le « Hameau de Demain ». A la fin de la soirée, nous décidons de partir Guiberta, Granita, Francois et moi à la découverte de La Guajira et pour plus d’aventure nous choississons de monter lentement vers le Nord en visitant les villages côtiers et un coin de la Sierra Nevada.

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Au Frais !  ©AlexisBOISSELET

D’abord les cascades de Bonda. On commence par quelques heures de marche puis l’heure du diner venue nous avalons un sandwich déjà en partie dévoré par les fourmies. A la nuit tombante nous allons nous laver dans l’eau fraiche de la rivière fumant une dernière cigarette en luttant contre le courant et admirant les étoiles au-dessus de nos têtes.

Après cette nuit en tente, on se remet en route pour atteindre les fameuses cascades. La baignade touchant à sa fin, on redescend rapidement de la Sierra Nevada, il faut dire qu’on crêve de faim. Lorsque nous arrivons à Dibulla, un village côtier au milieu de nul part, nous sommes accueillis par d’enormes enceintes crachant leur raggaeton et les habitants dansants et titubants entre deux gorgées d’Aguardiente (sorte de Pastis ou Ricard local).

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Réveil sur la plage. ©AlexisBOISSELET

Oui, c’est le lendemain d’élections régionales, c’est férié et ils en profitent. Nous passons notre seconde nuit à la belle étoile, entre deux cocotiers, bercés par le ressac marin et à peine dérangés par les puces des sables.

Le lendemain, à la suite d’un bout de trajet à moto, nous arrivons à Camarones, un autre village côtier bordé d’une magnifique lagune oú il n’y a rien à faire. Nous suivons les conseils des locaux, et après des pâtes à l’ail cuitent au feu de camps et indéniablement degueulasses nous installons notre camp sous l’une des palapas de la plage.

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A la recherche d’eau potable, toujours content.  ©AlexisBOISSELET

Au matin stupeur, un sac a disparu, volé à quelques cm de nos hamacs. En quelques minutes tout le village (furieux) est sur le coup et nous retrouvons le sac oú il ne manque rien d’autre qu’une paire de baskets et un paquet de cigarettes. Camarones était notre dernière étape avant le désert de La Guajira. On file à Riohacha où l’on fait provision de nourriture et d’eau (6L/pp) : Quatre blancs mal peignés et pas lavés en plein coeur du centre commercial ultramoderne cherchant des bidons d’eau potable. On reprend un bus pour la ville d’Uribia depuis laquelle on monte à l’arrière d’une jeep.

Ca y est, c’est parti pour deux heures de traversée chaotique dans le désert !

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Plaine désertique. ©AlexisBOISSELET

La Jeep serpente sur les pistes défoncées formant derrière elle un nuage de poussiéres éclairé par le soleil déjà bas. Les paysages sont fantastiques, les faibles reliefs sont accentués par la lumière déclinante, les roches deviennent orangées, des centaines de cactus crêvent la plaine désertique et le tout peut être agrémenté par un bon vieil album de Dylan dans les oreilles : dans ma tête j’ai environ 9 ans, un cheval, un colt et un chapeau.

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Ca s’abime sec ! ©AlexisBOISSELET

Le soleil couché, la température se raffraichit, le vent se met à souffler et la lune se lève découvrant l’incroyable spectacle de l’océan venant s’abimer contre le désert aride. Nous arrivons à Cabo de la Vela. On négocie un emplacement pour la tente et avons le droit à notre première « douche » depuis Taganga : Une cabine en plein air sans toit avec un sceau d’eau glacée et une louche pour se rincer. N’empêche que ca fait du bien de se coucher propre.

On petit-déjeune à l’hotel où on a pu laisser les sacs puis nous montons à motos (deux motos pour six, avec les conducteurs) pour se rendre au Pilón de Azucar. Le véhicule surchargé file sur les semblants de pistes. Le paysage est incroyable : Cabo de la Vela ressemble à une ville de farwest en plein désert, les cactus sont couverts de poussières et le soleil est déjà brulant. Le pilón de Azucar est un pic surplombant la mer et le désert. D’ici on voit l’eau bleu turquoise s’attaquer au grès déchiqueté de La Guajira. Au loin se distinguent les dunes de sables, des lacs de sel où l’eau a disparu depuis longtemps et de magnifiques criques encadrées de falaises.

    On mange un sandwich abrité du soleil par une palapa avant de visiter la Cueva del Diablo, une impressionnante grotte donnant directement sur la mer : une parfaite cachette de pirate. On passe le reste de l’après-midi à longer la côte avec d’un côté l’immensité de l’océan et de l’autre celle du désert.

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Capitaine Crochet? ©AlexisBOISSELET

Les criques somptueuses s’enchainent alors que nous avancons doucement sur le sol brûlant et lacérant nos tongs. Le bleu turquoise contraste avec l’ôcre du désert. Il n’y a personne à des kilomètres à la ronde. Le soleil baissant, une merveilleuse lumière nous entoure accentuant encore les formes acérées des roches érodées par la mer et ses embruns. Nous traversons à pied les oueds asséchés, les collines inhabitées, escaladant parfois les monticules de roches aiguisées. Pour finir la journée nous admirons le somptueux couché de soleil en séchant après s’être baigné dans l’une des criques.

Une Jeep accepte gratuitement (c’est pratique d’être avec des filles) de nous ramener au village. On se couche tôt, demain le départ est prévu à 5h.

    Le paysage défile par les fenêtres alors que le soleil n’est pas encore levé. Nous traversons les immenses plaines inhabitées pour nous rendre à la Punta Gallina, le point le plus au Nord de l’Amérique du Sud. La piste est parfois coupée par des barrages d’enfants réclamant de l’eau. On s’en veut de ne pas en avoir acheté plus. Le chauffeur force parfois les barrages ralentissant à peine. On traverse des zones désolées par la chaleur, le vent et la soif.

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Les barques. ©AlexisBOISSELET

Enfin, on arrive à un bras de mer que nous traversons en barque. Punta Gallina est un petit hameau où est construit une sorte de camps touristique, seul endroit où se loger. Le logement inclu un tour, d’une petite dizaine de touristes par jeep pour aller admirer une très belle lagune et aller se baigner à une plage bordée par une dune gigantesque. Bien que l’ambiance tour(istique) ne nous plaise pas, les paysages sont à couper le souffle.

 

    Déjà nous passons notre dernière nuit dans la péninsule de La Guajira Alta en se balancant mollement dans nos hamacs, demain nous enchainerons les transports pour retourner plus au Sud, dans la région de Santa Marta (Magdalena).

L’ascension du Cocuy: A couper le souffle !

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Ascension du Cocuy. ©AlexisBOISSELET

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El Cocuy pueblo. ©AlexisBOISSELET

Voilà, on est plus que tous les deux et enfin dans les montagnes, l’air est plus pure, les gens sont plus autentiques, les trajets sont plus longs. Dans cette région du Boyaca chaque village est un pas dans l’époque coloniale et El Cocuy ne fait pas exception. Rues pavées, architecture coloniale et panchos sur toutes les épaules contribuent à l’ambiance lente et pesante des villages « indigènes ».

On est là pour le parc national du Cocuy, un immense morceau de cordillère  accessible aux randonneurs.

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6h du mat’.©AlexisBOISSELET

Le guide est obligatoire et coûte cher, c’était pas prévu mais on reste motivé et on décide de programmer une marche de neuf heures pour le lendemain avec un couple de marcheurs.

    Le lendemain à 5h du matin, avec un gros manque de sommeil (surement l’unique condition pour que notre route veuille bien nous mener sur les plus beaux sentiers latins) on arrive en jeep au début du chemin.

    Altitude 3600m : C’est le point de départ.

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En U on vous dit ! ©AlexisBOISSELET

On entame notre ascension dans la nuit et la fraiche rosée du matin. Le temps passe, le soleil se lève derrière les montagnes mais aucun de ses rayons n’atteint encore la vallée dans laquelle on évolue en silence. Par déduction on devine les reliefs qui nous entourent. On est en pleine vallée glaciaire (en fome de U et non de V comme un canyon) et les montagnes environnantes nous surplombent. 3600m on connait pas mal mais plus on s’élève plus l’air se fait rare et ca se sent.

    4000m : Le chemin parcouru s’est fait sans encombre, on distingue clairement les alentours à la lueur matinale, arbustes et frailejones ont remplacé les arbres.

Ces plantes centenaires aux airs de palmiers attrofiés poussent d’un cm par an, aux dires du guide, et en avoir des milliers dans la vallée rend notre aventure plus irréelle que jamais. Plus on avance et plus ces plantes à tailles humaines se multiplient. Mon cerveau de moins en moins bien irrigué semble donner de l’importance à mes réflexions qui n’en avaient pas et s’attarder sur des idées aux allures mystiques.

    4300m : Le paysage change avec l’altitude et la roche reprend son premier rôle dans ce spectacle naturel grandiose. Mon esprit se soulage de laisser derrière nous les regards patients et stoïques des végétaux de la vallée.

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Massif ! ©AlexisBOISSELET

Les nuages jouent avec nos silhouettes. Le soleil est là, derrière eux mais seule sa lueur blanchâtre nous parvient. On tombe sur notre première lagune. Les nuages sont dépassés, le soleil se reflète maintenant dans l’eau pure devant nous et nous réchauffe.

L’ascension n’est pas finie, la crête sur laquelle nos pas nous mènent semble sans fin, nos esprits fonctionnent mal et le temps semble une notion fragile en comparaison de la difficulté que l’on a à respirer.

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Laguna grande. ©AlexisBOISSELET

    4700m : La Laguna Grande, magnifique serpent d’eau, s’étend de tout son bleu devant nous dans ce cirque montagneux entre autre formé de trois immenses et splendides glaciers. Le souffle nous manque. Le tableau peint devant nous semble se jouer de la réalité, à l’image des nuages qui narguent légèrement leurs énormes voisins de pierre.

    4800m : 4h30 se sont écoulés depuis l’initial 3600m d’altitude et nous voilà au pied d’un des trois glaciers. Les cartes l’indiquent plus grand, mais il semble avoir reculé de cinquante mètres ces trois dernières années. Le monstre encore splendide tend à disparaitre selon notre guide.

    On redescend à la lagune pour déjeuner devant mère nature dans l’une de ses plus belles apparitions. Mais le contrecoup se fait sentir, nos têtes sont sur le point d’exploser, la douleur est atroce et rien ne peut la calmer à cette hauteur. A croire qu’Icare n’est plus un myhte, que la beauté a son prix.

La descente se fait en silence et douleur avec la grimace des gens et la rougeur de leurs joues.

    3600m : On monte dans une camionette, assis dans la remorque entre les fruits et les légumes, on s’arrête dans tous les villages. Les gens viennent acheter les produits à l’arrivée de l’engin. (Quelques tomates fraîchement achetées calment peu a peu notre mal de tête). On finit par rentrer au village d’El Cocuy exténué, encore légèrement migraineux mais heureux.

 

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Hitchhike a boat

    Il est impossible (ou presque) de rejoindre l’Amérique centrale et l’Amérique du sud par voie terrestre à cause de de « la zone tampon du Darien » : une forêt tropicale séparant le Panama de la Colombie. Du coup nous avons opté pour la solution plus lente et plus originale que l’avion, le bateau-stop !

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Marine de Linton Bay, ©AlexisBOISSELET

    On arrive enfin à Puerto Lindo après une semaine de glanage d’informations sur les côtes panaméennes. Ici on avait selon les dires, plus de chance de trouver un particulier en bateau qui accepte de nous emmener en Colombie pour pas grand chose.

Hotêl miteux, trop cher pour nous quand même, alors on négocie pour poser la tente sur la terrasse moyennant 5$ p/n. Les jours s’enchaînent ; on se rend dans les deux marinas du coin, « on boit des coups » dans les bars à capitaines, on se motive tant bien que mal l’un l’autre entre deux refus.

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Canon du fort de Portobelo,  ©AlexisBOISSELET

Mauvaise période, tout le monde part pour le Pacifique ou les îles. On rencontre à la même enseigne Vladimir, un sibérien-voyageur-musicien-philosophe, qui a la même volonté que nous d’atteindre la Colombie par l’eau.

Cinquième jour, un peu découragé, on prévoit nos dates pour prendre un billet d’avion. Dixième jour, on marche sur les docks en saluant une dernière fois les voiliers. Le soleil se couche, on est décu mais pas de regret on aura essayé. Un dernier tour, une dernière question à l’intention d’un catamaran arrivé dans la journée : « – Usted se van por Colombia?  » « – Si, porque? »

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Sur les docks,  ©AlexisBOISSELET

  Premier contact avec l’équipage du MarcoPolo. Depuis cette nuit, on nous a promis la Colombie. Notre bon karma nous a encore envoyé un signe. Le temps et la mer ne nous permettent pas encore de quitter la marina, alors tous les jours on se lève dans notre tente (le dos un peu raide) pour aller voir Raspoutine (propriétaire Kenyan-Russe-Etats-Uniens d’une soixantaine d’années du bateau) et Sergei (Capitaine Colombien de 30 ans, ex-marine). Tous les jours ils nous offrent à boire et à manger sur leur navire. De bonnes personnes, le coeur sur la main, voilà l’équipage du MarcoPolo ! Apéros sur apéros, rencontres sur rencontres, un peu de musique et du soleil. L’attente d’une fenêtre climatique plus clémente n’est pas si horrible.

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Bateaux ! ©AlexisBOISSELET

Parmi ces nouvelles connaissances, Jacques (un ami-capitaine de Raspoutine) nous donne l’oportunité de travailler pour lui sur son magnifique catamaran (un Lagoon de 50 pieds) et de se faire des petits sous. Nous y travaillerons trois jours. La journée commence à dix heures sous le soleil déjà haut. Torse-nu et transpirant, le premier jours nous nous appliquons à enlever la rouille du cata à la brosse à dent, bercés par le doux roulis d’un bateau à quais. La journée dehors, à récurer le métal, nous offre aussi la vue magnifique de la marina, des bateaux au mouillage, des îles alentours et la douleur de magnifiques coups de soleil dorsaux (lesquels tendent déjà vers le violet).

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Apéro, ©AlexisBOISSELET

Les jours suivants d’autres travaux nous attendent mais nous prendrons soins de garder notre T-shirt, même au fond des cales du moteur oú l’on devient contorsionniste pour nettoyer l’huile et le diesel. Vers 17 heures, le travail fini, nous rejoignons Raspoutine et Sergei sur le MarcoPolo pour profiter du soleil couchant une bière fraîche à la main.

    Finalement, après une fausse alerte due au changement de la météo, la date du grand départ meridionale est donnée : c’est pour le 24! Nous avons passé plus de 20 jours dans cette partie du pays à chercher un bateau puis à attendre les conditions favorables à la navigation. Soit au total plus d’un mois de recherche en comptant les semaines passées plus au nord.

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L’équipage du MarcoPolo,  ©AlexisBOISSELET

La veille du départ l’équipage est au complet : Florencia (une jeune italienne photographe), Vladimir, Sergei, Raspoutine et nous. On se rejoint tous pour régler les papiers vers 8 heures du matin. Cette dernière journée on s’attèle aux ultimes préparatifs : remplir les réservoirs de diesel et d’essence, amarrer tous les objets susceptibles de bouger etc. Le soir venu, s’organise un dernier apéro avec un jeune auvergnat et son pote catalan fou. Dans l’ambiance alcoolisée,  au son de l’accordéon et avec l’excitation du départ, nous buvons tous peut-être un peu trop. La soirée se termine tard, on l’allonge jusque 4 heures du matin à débattre avec Raspoutine.

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Navigation,  ©AlexisBOISSELET

    Le réveil à 6 heures du lendemain promet peu de repos. On émerge à 7h20, le bateau part dans dix minutes. On oublie vite le mal de tête en se précipitant sur le pont pour assister au départ. C’est parti pour le premier troncon de navigation jusqu’à l’archipel des San Blas !

Les deux premières heures nous sommes tout excités, nous aidons de notre mieux puis nous nous tenons sur l’avant du catamaran à contempler la côte qui disparaît, l’horizon infini, la mer déchainée (plus de 3 m de houle) et les rebonds du bateau. Malheureusement, le manque de sommeil et notre estomac vide nous rattrapent lorsque nous nous asseyons à l’arrière et qu’un violent mal de mer nous prend à la gorge. Finalement nous tenons bons et somnolons jusqu’au San Blas.

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Chichime, ©AlexisBOISSELET

Enfin, vers 17 heures, la houle se calme en vue des premières îles. C’est splendide, les îles de sable blanc plantées de cocotiers défilent devant nos yeux ébahis. Tout est si tranquille et beau, l’eau est turquoise sur les bancs de sable ou d’un vert foncé au-dessus des récifs. Encore quelques miles et nous jetons l’ancre en face de l’île de Chichime. Le soleil se couche d’un coté, de l’autre se lève la lune orangée et devant nous se déploient les quelques mâts des bateaux oscillants au premier plan et l’armée tranquille de cocotiers au loin. Demain nous partirons à la découverte de l’île et des kunas (le peuple qui y vit), mais ce soir, épuisés par la traversée, on se contente de la vue, d’un plongeon dans l’eau tiède des Caraibes, de pastas à l’italienne et d’une bière à la santé de l’équipage du MarcoPolo. Le soir venu je me couche sur le filet entre les flotteurs à l’avant et m’endors sur le dos en admirant la nuit, la lune et les étoiles tout en écoutant le clapotis de l’eau à quelques décimètres de moi.

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Jorge le mérou,  ©AlexisBOISSELET

    Les kunas, petit peuple des San Blas, un drapeau, une langue, une culture. On leur achète du pain, des produits de leurs pêches (langoustes et mérous), des bracelets de perles. Ils vivent sur leurs îles dans des cabanes en feuilles de palme et proposent un service hôtelier aux touristes parfois en surnombre. On est pas rester assez longtemps pour juger du tourisme.

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Chichime, ©AlexisBOISSELET

Le bateau est ancré à l’écart des autres, on est seul au monde. On vit au rythme du soleil et de la lune. On mange quand on veut, on plonge du bateau, on se détend entre les cocotiers sur le sable blanc. Y a pas de mot, on évolue dans un autre espace-temps.

    Les promenades en kayak ou l’entrée dans un monde nouveau. C’est simple, le leash détaché, les pagaies à la main nous montons tous les deux dans la frêle embarcation qui nous entraine par la force du courant et la tension des muscles. Dès lors s’opère la magie du calme et du silence rompu par le mouvement des rames et des gerbes d’eau qui nous rafraîchissent.

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Kayak ! ©AlexisBOISSELET

Nous avancons entre les voiliers, le long des plages vierges, au-dessus des récifs à quelques centimètres sous la surface. On a alors la chance de distinguer la nage des poissons, le mouvement languissant des algues et anémônes et l’immobilité des étoiles de mer que l’on peut caresser à la main. Nous nous approchons même à quelques mêtres d’une épave d’un gigantesque ferry échoué sur un banc de sable. Au retour, quand le ciel se teint d’orange et d’or commence le balais de la chasse. Nous laissant tranquillement dériver nous observons les bancs de centaines de poissons sautants parfois à l’approche d’un plus gros et les courses-poursuites parsemées de bonds et d’éclaboussures.

    Après nos quelques jours de repos sur les îles paradisiaques, c’est une traversée d’une trentaine d’heures qui nous attend pour rejoindre la belle Cartagena. C’est pour tous les deux notre première véritable expérience de navigation. Sergei le capitaine redevient un enfant passionné, infatigable et arborant un sourire plein de dents et d’étoiles dans les yeux. Alexis s’évertue à le suivre sur son terrain, essayant d’apprendre un maximum au maniement des cordages. Les voiles sont dépliées, la mer est bonne et le mal de mer est passé. Au-dessus de nous le soleil brûle nos épaules alors que l’on profite de l’horizon sans limite qui nous entoure. Les îles sont déjà loins, le soleil déjà bas. Une ligne de pêche rudimentaire faite d’un fil, d’un poids et d’un hamecon coloré est jetée à tout hasard à l’arrière du bateau.

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Occupation tranquille,  ©AlexisBOISSELET

Le navire a son rythme, les dauphins nous accompagnent parfois par dizaines en sautant et virant agilement de part et d’autre du voilier. Le soleil se couche, Sergei ne veut pas qu’on le remplace à la barre pour faire nos quarts, il aime trop ca pour nous en laisser un peu. Infatigable. Tout le monde se fait à l’inactivité et la lenteur de la vie à bord. Vladimir dort et médite, Florencia dort ou prend des photos, Alexis dort ou écoute de la musique et Raspoutine seconde Sergei qui ne prend pas de repos. Quand à moi j’écoute de la musique à l’arrière du bateau, vérifiant de temps en temps la ligne de pêche. Le soleil me fait face, les nuages légers jouent avec ses derniers rayons.

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Artiste, ©AlexisBOISSELET

Il fait bon vivre. Au loin les couleurs orangées percent encore la voûte céleste quand Alexis sent le fil de pêche se tendre dans sa main. L’alerte est générale, Sergei remonte rapidement la ligne en criant vers nous et vers l’horizon de grandes exclamations joyeuses: « TUNA! TUNA! ». Le maginfique poisson sort enfin, taillé comme un missile et encore luisant. Pas le temps de l’observé deux minutes dans la bassine qu’un autre cri retentit car la ligne s’est encore tendue. Un autre! Même opération.

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Tuna ! ©AlexisBOISSELET

Nous voilà avec deux thons énormes (bien 30-40cm de long) impossibles à vider et couper de nuit en navigant. On les garde pour plus tard en espérant en faire des sashimis.

    La lente course reprend, tout le monde va se coucher à part Sergei et Raspoutine. Un bruit me réveille dans la cale, je laisse mes somnolences et enjambe Alexis pour rejoindre le pont. La pleine lune emplit le ciel de sa douce clarté, on y voit comme en plein jour. Sergei et Raspoutine jouent avec les voiles et le vent.

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Face à la pleine lune,  ©AlexisBOISSELET

Je mets mon mince savoir acquis dans la journée à leur disposition. Les yeux lourds, les muscles encore tendus et chauds, je me jette sur tous les cordages et tire toutes les manivelles que Sergei m’indique. Il est minuit lorsque les voiles sont tendues correctement et que l’on peut s’asseoir un peu. On discute, fatigués mais souriants tous les trois. Je ne peux plus dormir, la mer est trop belle et le ciel trop clair pour que je décide de ne pas m’y abandonner en musique. Raspoutine somnole maintenant et Sergei me propose de prendre la barre pour lui permettre de se reposer un peu. Il est 2h du matin quand je m’assieds au poste du capitaine pour surveiller les chiffres et aiguilles du cadran, seul être éveillé sur le bateau, sous la lune pleine et les bourrasques tièdes de la nuit. Les dauphins font encore une superbe apparition, une vingtaine d’entre eux sautants à tour de rôle et de tout leur long. Ma réflexion s’est noyée dans la fatigue et seuls mes yeux apprécient les paysages qui s’offrent à moi. Cinq heures durant je reste seul devant les chiffres et la lune, de temps en temps surveillé d’un oeil par Raspoutine. La lune s’est couchée et je profite maintenant du lever du soleil. Vladimir et Sergei me rejoignent alors et m’envoient à mon repos. Je fais un mètre et m’endors sous les faibles rayons.

Je me lève, la faim ne se fait plus vraiment sentir, une boîte de thon par-ci par-là nous rappelle notre jeûne. Le reste du trajet se passe comme la veille, à aider comme on peut et à discuter de tout et de rien sur un fond musical tranquille.

   Confortablement installés près de la proue, nous discutons tranquillement tous les deux lorsque Francois s’écrie: »Mira, là-bas Cartagena! ». En effet se distinguant à peine à l’horizon, se découpe la forme des grattes-ciel du port de Carthagène des Indes.

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Cartagena ! ©AlexisBOISSELET

Quelques heures plus tard, alors que le soleil nous auréole déjà de sa lumière couchante et que le vent redouble de puissance (il atteint plus de 30 noeuds), nous entrons dans le canal naturel menant à la ville. La lumière solaire s’éteint alors que la lumière artificielle s’allume sur les immeubles et l’éclairage des rues. C’est un moment iréel. Le canal suit comme par enchantement le reflet de la lune sur l’eau agitée. Bouche-bée nous jetons finalement l’ancre dans le port de la fameuse ville coloniale tant convoîtée par les pirates et corsaires de l’époque. Ca y est, l’ancre au fond de l’eau, on décroche l’annexe et touchons la terre après 33h de navigation.

¡Colombia nous voilà!

 

Il était une fois sur l’île d’Ometepe

     L’île d’Ometepe est située sur le lac Nicaragua au… Nicaragua,

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Volcan Concepción au soleil couchant. ©AlexisBOISSELET.

 c’est une île volcanique constituée de deux stratovolcans (Le Maderas au Sud-Est et le Concepción au Nord-Ouest) reliés par une fine bande de terre. 

Cette fois nous sommes cinq, ma famille nous a rejoint pour les vacances de noël. Alors on file tous, ma mère, mon père, ma soeur, Francois et moi, dans la voiture de location tout terrain direction Ometepe !

Jour 1 :

Ce jour là les reveilles sonnèrent de bonne heure. « Le ferry part dans une heure ! ». Entassés dans la voiture, les bagages dans le coffre, on prend la route pour Rivas, une petite ville sans grand intérêt. D’ici les bateaux partent pour l’île. Après de longues minutes d’attente on est accepté à bord. On monte d’abord, la voiture suit, s’intercalant en marche arrière entre les voitures déjà montées. Tout le monde se cherche une place assise pour les deux heures de trajets et certains supportent mal la proximité des autres. C’est de cette manière qu’on fait la connaissance de Jean LeCon, Yves LeBéat et Paulette LaNiaise. Trois petits vieux sans sympathie qui n’autorisaient personne à s’asseoir à coté d’eux. Jean LeCon étant le chef de la bande, c’est avec lui que nous menions notre bataille de regards. La suite du trajet se passe à lire au soleil sur le toît du ferry. Au loin le volcan Concepción se découpe petit à petit, caractérisé pas son cratère invisible toujours dans les nuages. Si le ciel est bleu azur, le volcan lui, sera quand même coiffé d’un bonnet nuageux.

On accoste, il fait beau. En voiture pour notre hotel d’Altagracia, alors qu’on longe la côte Ouest de l’île, nos yeux ne lâchent pas le paysage à couper le souffle qui se déroule devant nous. Les champs et bananeraies parsemées de bombes volcaniques, nous escortent de parts et d’autres du chemin de terre. Le volcan si proche, si haut, nous surplombe tout du long. On s’arrête acheter de quoi cuisiner pour ce soir après avoir mangé deux pizzas caoutchoucs sur la place d’Altagracia. Une fois la voiture déchargée à l’hotel, notre petite troupe prend la route en vue d’une baignade bien méritée.

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Baignade bien méritée.          ©AlexisBOISSELET               

C’est déjà la fin de la journée, les jambes sont lourdes du voyage, le soleil se couche tranquillement quand on trouve notre plage au bout d’un chemin à bestiaux. Le sable gris de la plage minuscule entourée d’arbres accueille déjà une famille Nica. On s’installe dans un coin. Le lieu est sympa sans plus et assez étroit. Las d’attendre, je cours dans l’eau calme du lac. L’eau est bonne. Je plonge. Je nage au large comme un forcené, heureux de me dégourdir un peu. Je me retourne brusquement voir où en sont les autres. J’oublie ca. Devant moi se dressent les deux volcans de l’île, jusqu’alors invisibles à cause des arbres sur la rive. Les lueurs du soleil couchant éclairent les nuages qui les voilent partiellement. Il m’a rarement été donné l’occasion de voir pareil beauté au cours de ma vie, alors mon esprit se tait, mon sourire s’agrandit et je reste là, les pieds profonds dans le sable, de l’eau jusqu’au torse, béat. Toute la petite famille lit un peu, se baigne aussi. La nuit tombe de plus en plus et l’on s’en retourne à l’hôtel. Alexis et moi préparons le repas avec des légumes que la famille gérant l’hôtel nous a gentiment offert. Le fils, le petit Jose, neuf ans, responsable de l’épicerie attenante nous vend son fromage mieux que n’importe quel commercant croisé aux Amériques. Le repas englouti et après un petit peu de lecture, les yeux tombent et tout le monde part se coucher.

Jour 2 :

     Après quelques brioches trempées dans le café, nous partons pour la réserve de Charco Verde au Sud du volcan Concepcion.

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Le lac du Charco Verde. ©AlexisBOISSELET

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Avec tonton Ceiba.       ©AlexisBOISSELET   

La voiture garée et s’étant acquittés du droit d’entrée nous commencons la rando par le chemin de la Ceiba (arbre tropical et arbre national du Guatemala). D’abord un jardin planté de bananiers et de nombreuses orchidées puis passé une étendue d’eau stagnante nous entrons dans la jungle. La marche est facile, la végétation luxuriante, aux arbres grimpent des dizaines de parasites (orchidées et autres non identifiés). Les oiseaux s’envolent sur notre passage, dont certains noirs à reflet bleuté dont le cri est plein de modulations variées. Le chemin ne va pas jusqu’à la pointe alors on continue en hors piste, de loin on apercoit un singe.

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Parasite non-identifié et je ne parle pas de la main.  ©AlexisBOISSELET

On rattrape le chemin et profitant d’une très jolie vue sur le lac pour une petite pause et lire les légendes du Charco Verde (en pactisant avec un être maléfique vivant sous le lac on obtiendrait ce que l’on souhaite).

On visite la papillonneraie sur le chemin retour où l’on découvre des centaines de papillons virevoltants dans une végétation tropicale, dont les fameux morfos (papillon d’une dizaine de centimètres dont les ailes présentent tous les reflets de bleu possible en volant, mais posé il est d’un marron un peu terne).

Ensuite, on se dirige vers Santo Domingo, la plage touristique, mais avec le soleil se couchant ce 31 décembre il n’y a que nous cinq à l’horizon. On profite de la lumière déclinante pour se baigner, plonger dans les vagues. Puis la lune, totalement ronde ce soir, prend le relais dans le ciel sans nuage. La vue des volcans est splendide avec la lumière lunaire teintant le lac d’argent.

En rentrant à l’hôtel on achète une bouteille du fameux Flor de Cagna, rhum ambré nicaraguayen. Frais, il est délicieux, même maman en boit un peu, c’est dire!

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Halo lunaire (de 22°).  ©AlexisBOISSELET 

Alors coupé avec du coca ca passe tout seul, il faut bien fêter la nouvelle année. On reprend la voiture pour aller manger mais en chemin papa s’arrète, il a cru voir par le rétro quelque chose de bizarre dans le ciel. Alors on lève tous la tête et admirons rien de moins qu’un halo lunaire. La lune, pleine et magnifique, est entourée d’un cercle parfait rougeâtre sur les bords et de plus en plus bleu sur l’extérieur. Magique! [cela est dû à des cristaux de glace suspendus en l’air, entre 5 et 10km d’altitude, réfractants et réfléchissants la lumière, dans notre cas lunaire]

On pense s’arrêter dans un comedor avant de s’apercevoir qu’on est chez des gens en famille. On nous sert tout de même, tout le monde est adorable, on nous offre un verre de rhum et on a même droit à la musique sortant de la voiture.

Après les avoir chaleureusement remerciés pour leur accueil nous allons à la fête du village de Santo Domingo. Là, un concert des plus kitch et qui plus est en playback (bien qu’on ne soit pas unanimement d’accord sur ce dernier point) nous remplit les oreilles. On se fait tous les cinq inviter à la table d’un étrange bonhomme avec un air de baron de la drogue, des bagues à chaque doigt et un oeil de verre. Bien qu’un peu étrange il est sympa et cherche juste la compagnie, ma soeur va même jusqu’à danser avec (à contre coeur certes mais quand même). On reste quelques minutes après l’habituel décompte et rentrons tranquillement.

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Jean LeCon sur le McAdam.  ©AlexisBOISSELET

La route est jonchée de bonshommes de paille (remplis de pétards) en train de brûler. Ca fait une impression étrange, fantômatique et post révolutionnaire (surtout quand les pétards explosent). On se sert un dernier verre en se souhaitant une bonne année et allons nous coucher.

Jour 3 :

     Aujourd’hui on a en tête de monter sur le volcan Maderas. De bon matin et plein d’entrain on se lance dans l’ascension dans l’espoir de voler quelques portraits d’animaux du coin. On grimpe donc. Le chemin est facile, dégagé, il traverse les parcelles agricoles parsemées de roches volcaniques. Plus on avance plus la pente se raidit. Les champs laissent place à la forêt tropicale et son humidité. On s’arrète de temps à autre pour profiter de la vue imprenable sur le volcan Concepcion et l’île dans son ensemble.

Le cri des singes hurleurs se fait plus fort à mesure que l’on monte. On s’arrète manger un vieux bout de fromage suivit de son compère le vieux bout de pain.

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Singe hurleur.  ©AlexisBOISSELET

Le père et la soeur d’Alexis, qui nous suivaient jusqu’alors, redescendent quand on reprend l’ascension tous les deux. On ne monte pas bien plus faute de temps. Avant de redescendre un cri nous fait lever les yeux. Au dessus de nous une famille de singes petits et noirs nous observe, suivant le cours de leurs activités. Le mâle nous met tout de même en garde en nous criant dessus et hérissant les poils de son cou.

Sur le retour on se perd. Obligé de couper à travers jungle, forêt et champs on finit tant bien que mal à rejoindre la voiture en contre bas; le lieu de rendez vous avec la soeur et le père. Ceux ci n’y sont pas, ils arrivent trente minutes plus tard après s’être aussi perdus.

On repasse tous à l’hôtel chercher la mère d’Alexis pour aller voir le coucher du soleil sur la Punta Jesus Maria. Encore une fois on est pas décu du spectacle. Les lumières se reflètent sur l’eau calme du lac et les gens commencent à quitter les lieux, laissant l’endroit silencieux.

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Punta Jesus Maria. ©AlexisBOISSELET

S’ensuit un petit repas sympa et un petit verre de rhum, histoire de finir cette bouteille de bon alcool.

Grimpette nocturne sur les volcans & Chickenbus guatémaltèque

       

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Volcan de Fuego en éruption.  ©AlexisBOISSELET

     Les deux volcans, presque jumeaux, situés à quelques kilomètres de la magnifique ville coloniale d’Antigua culminent tout deux à plus de 3500m. Le volcan d’Acatenango atteint près de 4000m (3976m) ce qui en fait le troisième plus haut sommet d’Amérique centrale. Son jumeau, le volcan de Fuego, est légèrement plus petit (3763m) et est en constante éruption depuis 2002. Il font tous deux partie d’une chaîne volcanique nommée la Sierra Madre de Chiapas correspondant à la cordillère volcanique issue de la subduction de la plaque Coco sous la plaque Nord-Américaine.

Nous nous réveillons tard, émergeant d’une soirée un peu trop arrosée. On mange avec notre Couchsurfer un petit dèj au marché, faisons nos provisions, puis passons l’après-midi à nous remettre de la veille. Vers 17h, enfin, on se souvient qu’il serait bien de grimper sur l’Acatenango pour voir son jumeau en éruption de plus près (que nous avons vu la veille en se jurant d’y monter).

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Panorama depuis l’Acatenango.  ©AlexisBOISSELET

En plus il n’a pas l’air très haut, ça devrait être rapide. On prépare nos sacs: polaires, tentes, provisions et nous mettons en route. Le bus nous dépose devant un sentier, il fait déjà presque nuit lorsque nous entamons la montée. Au bout d’une heure nous sommes trempés de sueur, la pente est très raide et notre état nauséeux ne passe toujours pas. Dès que l’on s’arrête on est frigorifié, une petite pause où l’on mange une banane nous remet d’aplomb. La montée, depuis le premier quart d’heure, à la lampe frontale est vraiment éprouvante. Il fait froid, très froid, le sac est lourd, le chemin de cendres et de scories se dérobe sous chacun de nos pas. Heureusement on a Maps.me permettant de nous localiser et nous sommes deux, alors on continue de gravir le volcan, surtout au mental.

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Le Guatemala sous les nuages.  ©AlexisBOISSELET

Nous apercevons un panneau disant que nous montons le troisième sommet d’Amérique Centrale et nous ne pouvons nous empêcher de rire : il faut être sacrément inconscient pour le commencer à 19h, sans vêtement de rechange et un lendemain de cuite. Nos jambes lourdes montent encore, on est exténué, mais on continue de grimper pour trouver où planter notre tente. Enfin après quatre heures de pente raide, nous trouvons un endroit. Il est plat, à une centaine de mètres la forêt disparaît pour laisser place aux alentours lunaires et désertiques du cratère. Le froid nous glace les extrémités, heureusement nous sommes rodés, et en cinq minutes la tente est faite et un feu crépite. Nous faisons sécher nos vêtements, nous mangeons un repas sommaire et allons nous coucher.

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Nuage de cendre provenant du Volcan de Fuego. ©AlexisBOISSELET

On se lève en même temps que les premières lueurs, démontons le camps rapidement (il fait toujours aussi froid) et recommençons à grimper. Nous dépassons la bordure de la forêt et nous retrouvons en plein vent, le sommet se dresse devant nous. Malgré la pente à 45° doublée du sol cendreux et glissant sous nos pied, nous franchissons en trois quarts d’heure à peine cette dernière ligne droite. Ça y est nous y sommes, le soleil est à peine levé et c’est magnifique. Nous y passons une heure. On profite de la vue, des éruptions titanesques de son jumeau, le volcan de Fuego, à une centaine de mètres. On partage notre eau avec un couple de Français et admirons les villes, les collines et les champs si petits à nos pieds. C’est magique !

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Lueur matinale à 4000 mètres.  ©AlexisBOISSELET

Lorsque nous entamons la descente, nous sommes pleinement revigorés par cette incroyable pause à la vue imprenable. Nous parcourons la première partie à glisser sur la cendre -on croirait skier- et la seconde trottinant ou courant selon l’inclinaison. En une petite heure nous sommes en bas ! On attrape un bus, faisons nos au revoir au Couchsurfer d’Antigua et montons dans un shuttle direction Atitlan (un gigantesque lac volcanique dû à une caldeira).

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             A l’intérieur du cratère.           ©AlexisBOISSELET

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     Après consultation de blogs, connaissances et autres, le Guatemala semblait être beaucoup plus dangereux que le Mexique sur le plan des transports routiers. La difficulté résidait donc pour nous dans l’évaluation des risques de chacun de nos trajets. Les taxis étant trop coûteux pour nous, nous laissions cette option pour les cas désespérés.

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    A toute vitesse  !        ©AlexisBOISSELET 

Restait alors les deux modes de transports les plus prisés de la population: les bus collectifs (chickenbus ou autobus bon marché) ou les shuttles (sortes de minibus d’une douzaine de places). Ce premier rempli de locaux des classes pauvres et moyennes, le shuttle, lui, est rempli de touristes en vacances ou de voyageurs méfiants.

Voyageurs méfiants à temps plein mais sans le sous, nous options pour les bus collectifs en tout genre. Nous nous rendions très vite compte que ce mode de transport était de très loin le plus adapté à notre voyage de type économique. Laissez moi un peu vous parler de la vedette du transport en commun au Guatemala: il se nomme Chickenbus.

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       Gare routière.         ©AlexisBOISSELET

C’est un ancien bus scolaire Nord-américain jaune, retapé, tuné et devenu multicolor avec néons, enceintes, photos pornographiques à l’intérieur. D’une capacité maximale d’une quarantaine de passagers, les soixante autres sont donc « tétrixés » là où le délégué au rangement des poulets veut bien les pousser. Le périmètre intime est à briser de toute urgence si vous y montez. C’est donc suant, parfois impatients mais au final content de faire la même chose que la plupart des locaux, de partager un peu de leur galère quotidienne, que nous enchaînions parfois jusqu’à dix heures de Chickenbus par jour. Au final au dedans de la bête, chacun cherche un peu de « calme »; en discutant, dormant un peu, jouant notamment pour les enfants et les bébés innombrables.

 

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Concours de tuning.   ©AlexisBOISSELET

S’il devait y avoir un seul endroit à décrire pour parler au mieux du mélange entre les touristes/voyageurs que nous sommes et les populations traditionnelles locales, ce serait sans hésiter les Chickenbus. Plus que les marchés, il n’est pas meilleur lieux pour essayer de discuter avec ces gens souvent méfiants des blancs. La barrière intime franchie par nécessité, il est ensuite agréable d’échanger quelques mots avec son voisin de droite, puis ses voisines en robe traditionnelle de derrière, ou encore d’avoir un enfant endormi sur vos genoux.

 

Les fesses engourdies nous sortions en vitesse avant que nos sacs, attachés sur le toit, ne finissent jetés par terre ou pire embarqués pour la suite du voyage. Voilà, un moment quotidien guatémaltèque vécu par la quasi-totalité du pays. Sûrement pas très confort, mais c’est ça le voyage, et surtout le notre!

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                         Nickel Chrome !                       ©AlexisBOISSELET

 

Il était une fois au Chiapas

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Vue sur San Cristobal. ©AlexisBOISSELET

     C’est déjà le troisième jour à San Cristobal de las Casas (capitale culturelle du Chiapas) alors après une douche froide et un petit déj rapide, nous décidons de visiter deux pueblos indigenos: San Juan de Chamula et Zinacatan. Le colectivo (sorte de van/transport en commun qui se prend et s’arrête sur demande) pour s’y rendre s’attrape juste à côté du marché d’artisanat grouillant de monde où s’entassent de nombreuses étales de textiles, bijoux et ambres. Le trajet dure moins de quinze minutes, en chemin on apercoit le cimetière où se dressent des croix peintes en bleu auxquelles sont accrochées des branches de sapin.

Le chauffeur nous dépose au Zocalo, au loin se dessine la fameuse église. On traverse rapidement la place sous le regard des locaux. La pauvreté est visible partout, nous ne semblons pas être les bienvenus. On achète le droit d’entrer dans l’église. Un panneau répète dans toutes les langues qu’il est strictement interdit de filmer ou prendre des photos à l’intérieur. En passant sous le porche, le gardien vêtu d’une chemise traditionnelle et d’une jupe en peau de chêvre noire ne manque pas de nous le répéter. On entre, l’église est uniquement éclairée par des centaines de bougies. Le sol est jonché d’épines de pin, il n’y a plus de chaise et les îcones des Saints accolés au mur tiennent un mirroir. La figure centrale habituelle du Christ a été remplacée par celle de San Juan de Chamula. Nous refusons la proposition d’un Chaman de nous purger de nos mauvaises ondes. Nous faisons rapidement le tour de l’église avant de nous asseoir sur un banc le long d’un mur. On n’est définitivement pas à notre place. De là nous observons sans gêner les rites en cours. Tous prient dans leur propre dialecte, ils allument des bougies déposées à même le sol, boivent du Pox (alcool artisanal local) et le recrache. Ils bénissent aussi leurs bouteilles de Coca qui leurs permettent de roter leurs péchés. Ils font inhaler la fumée des bougies à des coqs avant de les tuer en leur pincant le cou, afin d’expier quelque chose. Lorsque nous sortons peu de temps après, la lumière du soleil nous éblouit et nous restons pantois de ce que nous venons de voir.

Nous parcourons le marché d’artisanat où nous rencontrons une francaise super sympa qui nous accompagne à l’autre pueblo. Zinacatan est beaucoup moins impressionnant et nous repartons pour San Cristobal après avoir vu une église et quelques artisanats.

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Ambre, joli!  ©AlexisBOISSELET

De retour dans les dédales du marché et après un hamburguesa, on monte tous les trois au Mirador d’où la vue sur la vieille ville coloniale est magnifique. Nous visitons ensuite le musée de l’ambre (rempli de très belles pièces dont certaines renferment encore de petits insectes).

Le soir nous mangeons ensemble à l’hôtel avec les deux proprios vraiment adorables, puis nous sortons avec eux dans un centre culturel/bar (Le Paliacate). On rencontre un quatrième francais, lui aussi très cool avec de bonnes anecdotes. On parle de tout et de rien, l’ambiance est agréable et le lieu superbe: tous les murs présentent des fresques ou des tableaux, des pochoirs zapatistes ou d’autres mouvements engagés (même contre le projet de Notre Dame des Landes). La bière est peuchère (Garcon!) et il y a un live de musique experimentale. Le batteur à moitié en transe et à moitié en trip essaie de défoncer sa batterie à coup de cymbale. Il est une heure du matin quand se finit le second live de rock progressif. On se dit tous adieu et rentrons dormir un peu.

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Premier lac du site.    ©AlexisBOISSELET

On prend nos sacs, de quoi faire nos sandwichs du midi, puis on saute dans un colectivo direction Comitan. Après deux heures de routes sur les bosses mexicaines on arrive enfin. On discute avec un « crieur de Tacos » aux dents argentées, qui nous arrête lui-même le combi pour les lagunes de Montebello, notre objectif.

Une heure trente plus tard, on se fait larguer sur un croisement dans la forêt. Nous y sommes. Plus qu’à marcher le long de la route, le sac sur le dos, regarder les lacs de parts et d’autres, et trouver un endroit où camper.

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Dernier représentant de son espèce.  ©AlexisBOISSELET

Le troisième lac aux eaux bleutées passé, on se boit un café dans une tiendas le surplombant. Dans les échoppes alentours, les femmes aplatissent les galettes de maïs (tortilla) alors que les enfants jouent autour d’elles ou remettent un bout de charbon dans le four en taule. Rien d’anormal. Les enfants s’embêtent toujours un peu dans les tiendas, mais ils trouvent à chaque fois quelque chose pour passer le temps. A côté de nous, sept gros motards mexicains prennent place pour avaler quelques tacos. On reprend la route, les lacs sont extraordinaires, de vrais paysages de cartes postales.

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Tente ébahit devant le paysage.   ©AlexisBOISSELET

Une tienda, un enfant (neuf ans) nous aborde en nous disant que sans sa précieuse aide de guide on avait des chances de mourrir. Il est sympa, il nous indique un endroit où camper. On descend une pente et là, le miracle: un espace plat, du bois à foison et une vue imprenable sur le lac principal. Etant hors-saison, personne aux alentours. On plante la tente.

La mère du petit nous vend quatre gorditas, des légumes, un bout de boeuf cru et une banane pour cent pesos, une misère et tout ce qu’il nous fallait pour mager le soir. Le soleil se couche sur le lac inutile de préciser combien c’était beau. On récupère du bois et lancons notre feu près d’un muret.

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Atardecer en el lago.  ©AlexisBOISSELET

Grâce à une ingénieuse technique à base de bûches posées sur le muret et dépassant au dessus du feu, nous pouvions poser notre popote et faire cuire la nourriture. Rassasiés, nous bavardons au coin du feu avec quelques mauvais airs d’harmonica, le tout sous les étoiles et la lune éclatatante. 21h30, nous nous couchons sous la tente.

     On se lève vers neuf heure, le temps de prendre un petit déj à la tienda de la veille (oeufs au chorizo, tortillas et frijoles, un délice), on discute un peu puis on redescend faire nos sacs. De retour au croisement de largage des colectivos, on se lance sans trop savoir ce que l’on fait dans un combi direct pour Palenque. Neuf heures plus tard le dos en miettes nous arrivons à la nuit tombée. En mentant un peu on réussi à économiser 150 pesos pour le trajet. On rejoint Panchan, le quartier le moins chère de la ville situé dans la jungle. Après avoir toqué à plusieurs hôtels on s’arrête au plus abordable. Les sacs en moins on fonce manger dans un restaurant tranquille où se produit un groupe de musique latine. Lits pourris bonsoir !

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Templo de las inscripciones.  ©AlexisBOISSELET

Réveil matinal, on prend un petit café et une banane, on range les énormes mochilas dans des lockers et nous mettons en route pour le site Maya de Palenque. On arrive à l’entrée après 3,5km le long de la route. La cité est au coeur de la jungle. Palenque fut fondée 100 ans avant notre ère mais connait son apogée entre 600 et 700 après JC, notamment sous le règne du grand roi Pacal (qui meurt presque centenaire). Son fils ainé lui érigea un célèbre et richissime tombeau aujourd´hui exposé au musée d’Antropologie de Mexico.

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Vue sur le Palacio.           ©AlexisBOISSELET

Le site en lui-même est magnifique, parfois en partie enfoui sous la végétation exhubérante. On a même la chance de voir des chauve-souris dans les dédales souterrains et de monter sur le temple de las inscripciones (généralement fermé au public), d’où la vue sur l’ancienne cité-état est imprenable. Nous finissons la visite sur un chemin isolé dans la jungle le long d’un torrent où l’on découvre des ruines émergentes de la végétation, des oiseaux colorés, un gros rongeur et même un petit lapin.

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Cascade de Misol-Ha.  ©AlexisBOISSELET

Dans le colectivo retour pour Palenque on rencontre une allemande qui veut nous suivre pour la journée. On avale quatre tacos avec elle et nous revoilà en colectivo direction Misol-Ha, une cascade du coin. En arrivant, la force la cascade, sa taille (30m de haut), et son bruit assourdissant nous laissent ébahis. Un chemin passe même derrière la chute d’eau pour nous amener dans une petite grotte. Lampe de poche à la main, nous découvrons une autre petite cascade gardée par des dizaines de chauve-souris.

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Chemin derrière la cascade.  ©AlexisBOISSELET

En sortant on décide d’aller se baigner dans l’eau très profonde et très froide de la cascade. L’expérience en valait la peine. Tout seul dans l’eau, il n’y avait qu’à lever les yeux pour ressentir notre petitesse devant ce monstre d’eau et de force. On boit café dans un restaurant à côté avant de prendre notre colectivo retour.

On récupère nos sacs aux lockers en arrivant et  nous allons manger une tortas en ville avant de s’enfermer dans un cybercafé. Nous y falsifions un document qui prouve nos « études au Mexique ». Sans cela continuer nos visites de sites archéologiques et musées ne seraient plus vraiment possible au vu des prix touristiques. Fraude ? Oui. Pas bien ? Pas sûr !

On rejoint l’allemande au terminal pour lui dire adieu. Notre bus part dans deux heures, on organise la suite du voyage.

 

El día de los muertos (17/11/2017)

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Cloître dans le centre historique de Mexico. ©AlexisBOISSELET

El día de los muertos ou jour des morts (inscrit au patrimoine culturelle immaterielle de l’humanité de l’UNESCO) est plus ou moins l’équivalent de notre Toussaint. Ses origines précolombiennes remontent à plus de 3000 ans mais sa manifestation a bien changé depuis.

          Les festivités durent généralement une semaine (parfois plus dans certaines communautés) mais les deux jours les plus importants sont le 1er novembre (en l’honneur des enfants) et le 2 novembre (pour les adultes). Les traditions actuelles sont un mélange des coutûmes précolombiennes et des coutûmes chrétiennes avec une influence grandissante de leurs voisins anglosaxons (Halloween), notamment dans la capitale et le Nord du Mexique (Mexamérique).

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Construction faite de crânes et de cempasuchils à Mexico. ©AlexisBOISSELET

Les festivités dédiées aux morts ont changé au fil de l’histoire mexicaine (histoire précolombienne, colonisation espagnole…). Celles actuelles ont été propagées par les gouvernements post-révolutionnaires (révolution mexicaine de 1910) dans le but d’établir une culture et une identité populaire mexicaine. Ainsi, cierges guidants les âmes ont été remplacés par les cempasuchils (oeillets d’Inde) et les offrandes aux morts tels que le pain et le vin furent remplacés par le pan de los muertos, des têtes de mort en sucre (Calaveras de alfeñiques), de l’encens, de la nourriture et parfois même des cigarettes, du mezcal ou de la tequila (selon ce qu’appréciait le défunt).

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Catrina près de Bellas Artes (Mexico). ©AlexisBOISSELET

Cette culture se fit connaitre par des films, des chansons, les manuels scolaires, jusqu’à créer les nouvelles icônes populaires mexicaines comme la Catrina (crée par un caricaturiste vers 1912).

Nous avons donc pu suivre cette semaine de fête, d’abord à Mexico puis à San Miguel de Allende et enfin à Morelia.

Passage à Mexico (Distrito Federal) :

         En journée, visiter la ville de long en large est une chose à faire. Dans pratiquement toutes les rues de la ville sont érigés des autels aux couleurs vives. Beaucoup d’entres eux disposent de photos d’un ou plusieurs défunts.

Sphère privée (célébration de la mort d’un ou plusieurs proches) et sphère publique (autels mis à la vue de tous) s’entremèlent. Les familles mettent en évidence de beaux autels accessibles et les spectateurs réspectent la mémoire des défunts en se délectant de leur beauté.

Tous les supports sont bons, on peut voir des installations dans des cours d’église comme dans des escaliers de maison.

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Zocalo de Mexico. ©AlexisBOISSELET

Au coucher du soleil l’effervescence de la fête se fait sentir. Enfants, familles, chiens, tous se préparent à sortir déguisés. Véritable attraction touristique, ces derniers ne restent pas en marge des préparatifs.

Sortir le soir dans le centre devient alors un véritable carnaval; entre les Catrinas et Calaveras de la culture traditionnelle mexicaine, on trouve un grand nombre de monstres et abominations, de spider-man ou encore de visages en lambeaux. Culture populaire moderne hollywoodienne et traditions se rencontrent.

Passage à San Miguel de Allende (Guanajuato) :

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Maquillage à San Miguel.  ©AlexisBOISSELET

Accueillis par des francaises enseignantes dans l’université, notre approche de la fête des morts n’était plus la même. Plus intégrés dans les préparatifs, nous étions presque obligés de nous maquiller (chose que nous fîmes avec grand plaisir).

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Touristes et locaux participent aux préparatifs. ©AlexisBOISSELET

 

 

Dans cette petite ville très touristique, mexicains comme étrangers prennent la fête très à coeur.

Les autels fleuris remplissent les nombreuses places et lieux publics, mais aussi d’autres endroits plus privés.

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Autel loufoque à San Miguel. ©AlexisBOISSELET

En faisant plus attention, nous nous rendions compte que certaines installations portaient le nom d’entreprises mexicaines ou même d’universités. Un véritable concours du plus bel ensemble commémoratif. Plus la soirée avancait, plus la jeunesse déguisée remplissait les bars et les rues branchées.

Nous voulions nous rendre au cimetière de la ville, très fréquenté pour l’occasion: pour ses tombes fleuries mais aussi pour les quelques évênements qui s’y déroulaient (cortèges déguisés, projections de films d’horreur…).

La fête des morts est un évênement très important au Mexique; stands de nourriture, transports, tout se multiplie par deux. Les prix aussi suivent cette tendance, cependant tout cela reste d’une beauté à couper le souffle et à faire au moins une fois dans sa vie.

Passage à Morelia (Michoacan) :

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Cours d’école décorée, à Morelia. ©AlexisBOISSELET

          Nous sommes arrivés à Morelia (capitale du Michoacan) le 5 novembre. La fête est passée depuis quelques jours, seuls quelques enfants sont encore déguisés.

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Les enfants maquillés. ©AlexisBOISSELET

Cependant la ville est toujours parée d’éléments de célébration. Les nombreux cloîtres accueillent presque toujours un autel qui resplendit dans ces cadres fantastiques. L’encadrement des portes de la plupart des maisons est toujours certi d’oeillets d’Inde à peine fânés. On trouve encore devant les bâtiments administratifs des autels aux défunts. Les offrandes et ornements caractéristiques du día de los muertos sont enlevés une semaine après la fête, le temps de se remplir les yeux de la beauté orangée de la ville.

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Catrina. ©AlexisBOISSELET

Finalement, malgré la fatigue du voyage et le décalage horaire nous avons eu la chance d’assister et même de participer à cette fête des morts, symbole d’une culture populaire mexicaine aux influences multiples. Les villes, les villages, les maisons, arborent de magnifiques couleurs où l’oeillet d’Inde prédomine. Les autels érigés ne sont autres que des oeuvres d’art éphémères.

 

Un film d’animation (Coco), signé Pixar, vient de sortir sur le Mexique et plus précisement sa fête des morts. Le voir à ce moment fut une incroyable expérience, même si la plupart des spectateurs en ressortent les yeux rougis. Il permet de comprendre de nombreuses traditions mexicaines, de plus l’image et la musique donnent une idée de l’ambiance du Día de los Muertos.

Qui sommes-nous ?

Qui  sommes-nous ? Large question pour y répondre rapidement,  alors faisons au plus simple :

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©alexisBOISSELET

     Buenas, moi, je suis celui de gauche sur la photo, je m’appelle Alexis, j’ai 22 ans.

Assez tôt j’ai eu l’occasion de découvrir quelques endroits du monde avec ma famille comme le Vietnam, le Cambodge, le Sri Lanka ou la Jordanie. Puis, il y a trois ans de cela, j’ai pu voyager seul par le biais de mes études (d’ingénieur géologue soit dit en passant), d’abord à Londres pour un stage, puis au Mexique lors d’un semestre à l’étranger. Enfin l’année dernière, dans le cadre d’un nouveau stage professionnel j’ai eu la chance de travailler au Panama, cartographiant les berges du fameux canal. 

Il y a trois mois, j’achevais ma quatrième année, ce fut pour moi l’occasion de prendre une année de césure avant la fin de mes études pour réaliser un de mes rêves : 

Traverser l’Amérique Latine du Nord au Sud avec mon meilleur ami ! 

 

     Hola ! Je m’appelle François, parisien depuis 22 ans, je n’ai qu’une envie : partir voir le monde. Plus que ça, je veux le vivre et tenter de le comprendre.

J’ai déjà pu voir une bonne partie du Canada l’année dernière et je viens de finir une licence de géographie. Autant dire que j’ai encore très faim de découvertes et que le moment semble parfait pour voyager. Alors moi, mon côté aventurier et ma curiosité on va tous ensemble commencer par l’Amérique Latine. 

Pour ça, j’ai attrapé mon hermano de toujours, et on a décidé de partir en sac-à-dos sur les routes et dans les chaumières de l’autre coté de l’Atlantique ! 

 

Nous, nous connaissons depuis 18 ans – Eh ouais, on a notre majorité d’amitié! – et partageons de nombreux centres d’intérêts communs. Avec toutes ces années, nous vécûmes de multiples moments inoubliables et fîmes aussi pas mal de conneries ! Mais c’est la première fois que nous partons aussi longtemps et aussi loin :

A L’AVENTURE !